Yves Garcia ne comprend toujours pas ce qui lui a pris d’aller vivre 23 ans à Paris en tant qu’architecte réseau chez un opérateur téléphonique, alors qu’il ne rêvait que de nature. Il a bien trouvé une forêt près de sa petite maison de Gretz-Armainvilliers. Mais ce n’était pas l’odeur, les couleurs ou la chaleur de son pays de cœur. Le stress et la pression du travail lui coûtent cher, il ne lui en faut pas plus pour prendre sa retraite dans le sud près de sa famille qui habite Los Masos et Prades. C’est en 2013 qu’il vient souffler à Villerach, rue de La fontaine, face à la montagne et aux chênes verts avec le petit canal qui coule à ses pieds. Il prend soin de sa santé et de son petit coin de paradis. Vous apprécierez vous y promener, il aménage les abords de sa maison, la rue et le canal de Bohère avec ses doigts d’artiste : une table en haut, une sculpture par-ci, un banc par-là et des plantes et des fleurs par centaines. Il remporte son premier prix de dessin à 8 ans. Pas étonnant qu’il ait gagné cet hiver le jambon de Noël. Il participe chaque année à l’exposition des artistes de Clara-Villerach. Il a fait don à la commune de certains de ses tableaux exposés à la salle des fêtes et à la mairie.
Toujours prêt à donner un coup de main à Louis vous le croiserez souvent dans les rues de Villerach. D’ailleurs, c’est le gardien des clés de l’église Saint Sylvestre. Allez toquer chez lui pour qu’il vous fasse une visite commentée du lieu.
Comme il a le pouce vert, il est devenu le conseiller de la municipalité sur le choix des plantes proposées par le CD66 pour les journées de plantations citoyennes. Il déplore que peu d’essences proposées résisteront à la sécheresse et se désole de voir la flore en souffrance. Il continue tant bien que mal à prendre soin de ses plantes et à cultiver son petit potager.
C’est exactement ce qui a convaincu Simon : acheter à Clara cette petite maison de pierres où il y avait tant à faire, oui mais parce qu’il y avait ce lopin de terre en contre-bas. Produire ses propres légumes, travailler la terre, le vivant, c’est ce qui l’anime. Son chapeau de paille et la brindille à la bouche, on pourrait le croire sorti d’une BD. Pas exactement, il a vécu ici et là dans quelques grandes agglomérations, Marseille, Barcelone, Lyon, Grenoble et Bruxelles. C’est parce que sa famille est Colliourenque qu’il vient depuis toujours dans les PO. C’est dans ce département qu’il a souhaité vivre à partir de 2015 près de la montagne, de la nature, à quelques coups de pédales de Prades. Depuis, il y travaille pour Terre de liens, une association pour l’aide à l’installation paysanne. A la belle saison, il aime accompagner et aider les bergers en estive.
Fervent défenseur de la mobilité douce, du respect de la nature, il est membre actif de la commission environnement de la commune. Il collabore à l’organisation de la fête de la Nature sur les deux villages, initie les chantiers de nettoyage des rivières et a participé à l’élaboration du sentier de randonnée du bicentenaire. Ayant suivi une formation sur la mise en œuvre et la gestion de composteurs collectifs à Bruxelles, il a été estampillé « maître composteur » et a œuvré dans une association qui promeut le cycle vertueux du compostage.
Il était évident qu’Yves et Simon soient les responsables des composteurs collectifs de leur village respectif. Ils surveillent que les déchets organiques soient dans les meilleures conditions pour se décomposer (humidité, proportions des matières…) afin de récolter au bout de quatre mois le précieux produit : cet or noir, le véritable, celui qui enrichit la terre en nourrissant la multitude d’êtres vivants qui y logent (de la plus petite bactérie, aux collemboles, vers et autres cloportes). C’est cette faune invisible qui apporte la matière dont ont besoin les végétaux, qui retient l’eau et qui régénère les sols. C’est une autre vision, aux antipodes de l’agriculture conventionnelle qui ne prend pas en compte ses impacts négatifs dont hériteront les futures générations. Les produits phytosanitaires (engrais chimiques, pesticides…) détruisent la vie, rendent les sols inertes, s’infiltrent dans les nappes, empoisonnent les cours d’eau et nos captages d’eau potable… sans parler de l’impact sur notre santé.
Considérant le coût énergétique, les émissions de CO2, il est impensable de ne pas profiter de nos déchets organiques localement plutôt que de les acheminer à l’incinérateur à des dizaines de kilomètres.
Vous l’aurez compris, nous avons tout à gagner à composter.
Sachez que la récolte du compost se fait collectivement : on tamise, on échange, on partage, on boit un coup et on repart le cœur léger et la brouette pleine.
Alors, n’hésitez plus à répondre à l’appel du compost !